Qu’est-ce que le pardon ?

Le mot offense dans la prière du « notre Père » vient du monde financier. Quelqu’un prête de l’argent, et doit ainsi à son créancierune certaine somme. À un moment donné, il doit rembourser l’argent, afin d´être ainsi libéré de sa dette. S´il ne rembourse pas sa dette il est en offense et est redevable à son créancier. Bien sûr, la prière du Seigneur ne concerne pas les transactions financières. C’est à propos du péché. Quelqu’un pèche sur moi et se rend coupable à mon égard. Je n’ai pas besoin de décrire combien divers et multiforme sont nos péchés. Nous le savons tous. Nous pouvons pécher par nos paroles ou par notre silence, par notre comportement et par nos actions, mais aussi par notre négligence envers les gens. Ainsi, nous leur sommes redevables.

Le péché est le problème fondamental de l’homme. Parce que tout péché contre un être humain est toujours à même temps un péché contre Dieu. Nous avons agi contre sa volonté. Et ainsi le péché crée un double problème : il nous sépare de notre prochain et nous sépare également de Dieu. Comment résoudre ce double problème ?

Il n’y a qu’un moyen : la culpabilité que nous avons encourue à cause notre péché doit être résolu. Et la résolution de cela coûte un grand prix. Mais au regard de Dieu, cela est déjà fait. Car Jésus par sa mort et sa résurrection, a payé à notre place le prix pour la résolution du problème que nous encourions envers lui Dieu à cause de nos péchés. Par sa mort par procuration, il a réduit à zéro notre dette envers Dieu. Devant Dieu, notre compte n´est plus au rouge mais elle est plutôt équilibré. Et nous devons accepter cela par la foi. 

Bien plus que cela, la prière « le nôtre Père » nous enseigne encore autre chose : nous devons pardonner à ceux qui nous ont offensés. Si nous ne sommes pas prêts à cela, alors Dieu ne nous pardonnera pas non plus nos culpabilités. Notre disponibilité de pardonner est donc demandé. 

Alors, comment pouvons-nous pratiquer le pardon ? Il n’y a qu’un seul moyen : nous devons le faire comme Dieu. Il a payé le prix pour nos fautes ; et nous devons également payer le prix pour la culpabilité des autres aussi. Cela vous semble étrange ? Émettez-vous des doutes à cette pensée ? Cependant c’est compréhensible. Que se passe-t-il si quelqu’un te dit un mot mauvais ? Tu es blessé. Est-ce que l’autre peut enlever la blessure ? Non ! Et si quelqu’un vous nuit physiquement ou mentalement : peut-il éviter les conséquences de ses faits ? Non ! Qui paye le prix ? Toi ! C´est toi qui es blessé, qui souffre, qui est affecté.

De là découle l´importante phrase suivante : Le pardon est la décision de vivre avec lesconséquences du péché que quelqu’un d’autre m’a infligé ! Il faut répéter cette phrase à plusieurs reprises : le pardon est la décision de vivre avec les conséquences du péché que quelqu´un d´autre m´a infligé ! Oui, le pardon coûte quelque chose ! Nous payons le prix du mal que nous pardonnons.

Nous devons vivre dans tous les cas, avec les conséquences du péché. Mais nous avons le choix : soit nous ne pardonnons pas et tombons dans l´amertume, soit nous pardonnons et obtenons la paix et la liberté. Qui ne pardonne pas, reste prisonnier de la culpabilité de l’autre. Il ne s’en débarrasse pas intérieurement et vit donc dans l’esclavage. Le manque de disposition de pardonner est comme un crochet qui m’attache négativement à l’autre et ne me laisse pas partir. Par conséquent, nous pardonnons aussi pour notre propre intérêt. Il s’agit de se soulager et de mettre fin à notre douleur afin que nous puissions être capable de revivre. Je pardonne pour être libéré intérieurement des choses du passé. De plus, le pardon est d’abord une affaire entre moi et mon Dieu, pas en première ligne entre moi et celui qui m’a offensé. Cela vient en second lieu.

Dans ce contexte, une autre chose est importante : la rancune et la vengeance sont absolument incompatibles avec le pardon. Il est compréhensible que le pardon soit difficile pour nous. Parce que cela va à l’encontre de notre sens de la justice. Et la vengeance est la réaction naturelle aux blessures subies. Mais ceux qui se vengent ne font qu’empirer les choses. Cela crée un cercle vicieux et j’ai toujours ma blessure. La Bible nous montre une autre manière : « Nevous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés », écrit Paul dans Romains 12:19, « mais laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit : C’est à moi qu’appartient la vengeance, c’est moi qui donnerai à chacun ce qu’il mérite, dit le Seigneur ».

Pourquoi la vengeance est-elle- réservée à Dieu ? Parce que lui seul est juste. Lui seul sait à quel point la culpabilité et les dégâts causés par le péché sont graves et quel prix il faut en payer. Nous ne le savons pas et demandons trop facilement un prix trop élevé. C’est pourquoi nous devrions laisser toute vengeance à Dieu.

Alors, qu’est-ce que cela signifie quand on dit : « Je te pardonne“ ? Nous prenons la décision de supporter les coûts du péché de l’autre. Ensuite, nous renonçons à la vengeance. Le pardon est alors la décision de ne plus jamais reprocher à l’autre sa culpabilité. Cet aspect du pardon est très important. Je ne peux pas dire à mon prochain : « Je te pardonne » et lui rappeler tout temps son manquement. Tant que je parle encore du péché que quelqu’un a commis contre moi, je ne lui ai pas vraiment pardonné.

Udo H. Schmidt

Udo H. Schmidt est un artiste graphiste, pasteur et auteur du livre « Comment devrions-nous prier? – Sermons sur la prière du Seigneur « . Lui et sa femme Christa ont quatre enfants adultes.

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